carré de verdure

carré de verdure

Exposition d’œuvres de Mickaël Frontini
La peinture : un silence qui parle autrement

Du 15 Octobre au 15 avril 2018
Ouverture : jeudi et vendredi de 15h à 18h – ou sur rendez-vous : 07 82 49 05 94
Résurgence(s) 4 rue Claude Boyer 6908 LYON – premier étage.

Mickaël : Quand je peins, j’aime bien ne pas avoir d’idées, ne pas savoir à l’avance ce que je vais peindre, me laisser guider sur le chemin de la peinture : accueillir autant que possible, sans à priori, sans préjugé, ce qui va advenir. Il faut pourtant faire quelque chose, pour cela il faut choisir : un support doux ou rugueux, fragile ou solide, froissé ou lisse, papier ou tissu…
Il faut choisir un format, des outils, technique sèche : pastels gras, craies à la cire ou liquide : peinture, plus ou moins diluée, opaque ou transparente, quelle couleur ? Est-ce que je vais avoir envie de faire des grands gestes ou des petits ?
Ces derniers temps à la Guillotière, la base de mon travail, ce sont des empreintes du sol de mon atelier…
J’arrête mon mental pour être attentif à autre chose, peut-être ce que je ressens plus profondément. Je suis chrétien, alors bien sûr, je commence par demander d’une manière toute particulière à l’Esprit Saint Créateur, au Souffle d’Amour de m’habiter, de m’inspirer, puis je rentre dans le silence, silence de mes pensées, silence du cœur. J’aime ce temps de silence, où tout est possible…
J’ai pris conscience récemment que ce silence, un silence bienfaisant qui est le point de départ de ma peinture fait écho à d’autres silences, des silences douloureux cette fois-ci, quand on me donne la parole et que je ne sais pas quoi dire et que j’éprouve en moi un malaise, un silence gêné.
En peinture, je n’ai plus de blocage : je n’ai peut-être pas d’idées, pas de mots, mais je peux peindre, c’est ma main qui parle, ma sensibilité, mon désir intérieur que je ne sais pas bien nommer. Avec la peinture, ce lieu en moi qui est blessé devient lieu de vie.

Quand je fais mon travail de peintre, je ne cesse pas d’être prêtre.
Une peinture, c’est très concret, c’est de la matière : c’est fait de poussières colorées (ou pigments) et de colle sur un support. Mais comment faire pour que ça soit traversé par la lumière ?
La Bible commence par le livre de la Genèse au chapitre 1 : « Lorsque Dieu commença la création des cieux et de la terre, la terre était tohu-bohu (informe et vide), une ténèbre sur l’abîme, le Souffle de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit : « Qu’il y ait une lumière ! » Et il y eut une lumière. Dieu vit la lumière. Que c’est bon ! » (Genèse 1, 1 à 4).
Le « tohu-bohu », le désordre qu’il y a avant la création, je l’expérimente souvent, douloureusement, en moi. Je dois faire avec, mais je peux l’exposer au souffle et à la lumière.
Moi, je n’apporte que des poussières, d’où vient la lumière qui fait vibrer les couleurs, d’où vient le souffle de vie qui fait qu’il y a quelque chose qui se passe ?

À l’eucharistie, j’offre le pain et le vin, fruit de la terre et du travail des hommes, et j’accueille Jésus qui se donne concrètement en nourriture pour qu’il puisse s’incarner dans nos vies.
Dans mon travail de peintre, j’offre ces poussières colorées et mon travail à l’action de l’Esprit, et j’essaye de m’ajuster à l’Esprit Saint (souvent, je n’y arrive pas) ; après, ma peinture, elle touche certaines personnes, d’autres non.
La peinture, c’est un lieu où j’apprends à aimer davantage, concrètement.
Je me retrouve dans ce que dit André Gence, prêtre de la Mission de France et peintre, dans son livre « être créateur » Ed. La Thune 2001 : L’incertitude :
« La création appelle l’humilité. La seule certitude que nous ayons, c’est celle de mourir. Tandis que la nouveauté créatrice dans laquelle nous nous engageons est toujours incertaine.
Dans la création, on ne sait pas. On ne sait pas ce qui va se passer. Chaque acte créateur est une aventure. Ce qui éclaire le chemin de la création, c’est l’inouï, le jamais vu. La création est une prospective de l’ignoré. C’est parce que j’ignore que je tente l’aventure de la création. On ne sait jamais au départ, on ne sait qu’à l’arrivée.
Ainsi, le chemin de la création est un chemin étroit, concentré. C’est une petite porte, une voie étroite, la voie étroite dont parle l’Evangile. Pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut passer par une porte étroite. »
La plupart du temps, quand je peins, je n’ai pas d’idée préconçue, je n’ai pas de thème. Mais après coup, je m’efforce de donner un titre à ma peinture, qui induit une interprétation, ainsi, cette peinture je l’ai appelée « carré de verdure ». Mais cela ne doit pas empêcher le spectateur de voir autre chose. Un ami en voyant cette peinture a tout de suite vu « une porte orange ». Moi, je n’avais jamais vu cette porte, il a fallu que cet ami me la révèle… Cette porte est entrouverte, elle vous accueille, avez-vous ou non le désir d’entrer ?

Un grand merci à tous les visiteurs qui font cet effort de se laisser apprivoiser…

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Au patrimoine diocésain

Des artistes peintres ont réalisé des œuvres qui appartiennent désormais au patrimoine de l’Eglise à Lyon. La Commission Diocésaine de l’Art Sacré établit une liste de ces créations artistiques.

Ces œuvres ont été données par des artistes ou acquises par des communautés locales ou le diocèse de Lyon. Elles sont toutes destinées à être vues par un large public. En conséquence, elles ne peuvent demeurer dans des salles où personne ne passe.

Nous en présentons quelques-unes à Résurgence(s).

Ouverture le jeudi de 15 h à 18 h